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J’ai un père qui connaît la propriété des aciers, j’ai touché cette matière, elle me plait, l’odeur, c’est quelque chose de très proche, je me sens à l’aise, j’ai une intimité avec elle

L’atelier de Christophe Masson s’offre à nous comme un petit bijou métallique. Cette ancienne caserne de pompier « a une âme » comme il se plaît à le dire. Et, passée la porte de garage, on y trouve de vieux canapés, une cloison faite de tonneaux récupérés et d’acier lissé, de grosses machines, des outils aimantés, des câbles, des sculptures de métal qui viennent se frotter à la délicatesse de tableaux fraîchement créés par le peintre qui partage l’atelier de ce sculpteur sur métal.

Christophe a toujours baigné dans la ferraille, à Saint Etienne dans la Loire, un des bassins de la métallurgie en France, et petit déjà il entrait dans l’usine où son père travaillait, il se souvient de ce bruit si caractéristique, de cette odeur de métal chaud. On retrouve cette ambiance dans son atelier, Christophe partage sa passion avec enthousiasme et vous montre toute la beauté de cette matière si brute. « J’ai un père qui connaît la propriété des aciers, j’ai touché cette matière, elle me plait, l’odeur, c’est quelque chose de très proche, je me sens à l’aise, j’ai une intimité avec elle », confie t-il. De vieille porte de voiture à des pièces d’usines qui ferment en passant par les gens du coin qui lui refilent des pièces de métal, Christophe ne travaille qu’avec des matériaux de récupération. Comme dans une usine, il découpe de gros morceaux de fer, des tuyaux, il ponce, il lisse la ferraille mais le résultat est tout autre. Il façonne cette matière ingrate qu’est le métal dont il révèle toute l’élégance.

Pour lui la création est un défi, de cette intimité avec cette matière grossière dont il veut en faire une dentelle. Ses créations sont très contemporaines, « j’ai une pièce qui s’appelle 61 barres, elles sont toutes différentes, elles ont toutes une histoire et quand j’ai fait celle-ci c’était vraiment un défi, il y avait 61 barres en vrac et je les ai assemblées entre elles pour trouver une esthétique sans faire de coupes, sans les modifier. » 61 barres trône fièrement au fond de l’atelier qui deviendra à terme son point d’encrage. « Je veux inverser la tendance, je veux que les gens viennent me voir ici. » Forcalquier est venue à lui. Il a rencontré Lucy Allard devant son atelier rue Marius Debout « on est tout de suite devenu amis ! », dit-il tout sourire. Feng Ge, artiste incontournable du coin, a insisté pour qu’il vienne s’installer ici, pour rendre Forcalquier ce qu’elle est aujourd’hui : un bouillon de culture, d’artistes en perpétuelle création. La ville abrite en effet une multitude d’ateliers d’artisans d’art et d’artistes, ce qui en fait toute sa beauté et son intérêt.

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1, Boulevard Bouche
04300 Forcalquier